La méditerranée pour un test du caisson étanche Subal pour Leica M

Mon caisson étanche pour Leica M de retour d’une révision, je souhaitais faire une plongée de check afin d’évaluer les mises à jour que m’avait fait le constructeur autrichien Subal avant de repartir dans les mers du Sud ( l’Océan Pacifique ). En effet, le caisson est quasiment le prototype car je me retrouve avec le numéro de série 001. Après les premières utilisations cet hiver à Tahiti c’était l’occasion de faire des échanges techniques et notamment de voir avec eux comment repousser les limites techniques et créatives, sous l’eau, d’un boitier télémétrique entièrement manuel. Deux ou trois petits détails nécessitaient une mise au point. Aujourd’hui c’est l’heure du test, une fois en Polynésie il sera trop tard.

Leica M et le caisson étanche à 80m Subal.

Le rendez vous est pris : Julien Girodeau m’invite pour faire une plongée technique dans son club : le CIP Collioure. Créé en 1954, ce club est un des plus anciens de France. Il est situé au coeur du village de Collioure, du coté faubourg de la baie, faisant face à son célèbre clocher.

La côte découpée abrite souvent des eaux claires dans la zone des 0m – 10m. Cap Vieille, réserve marine de Banyuls-sur-Mer, Cerbère. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Nous discutons du lieu idéal pour l’essai et nous tombons tous les deux d’accord pour profiter du beau temps et plonger dans la réserve naturelle de Banyuls-Cerbère, une des plongées classique du club. La réserve est très poissonneuse et le relief intéressant, cela n’en sera que d’autant plus agréable.

Un beau spécimen de sar tambour également appelé sar à grosses lèvres ( diplodus cervinus ). Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

La côte Vermeille, une histoire intime avec la plongée et la photographie sous marine

L’anse de Paulille ainsi que la réserve maritime de Cerbère-Banyuls sont des beaux sites pour la mise au point de ce boitier quelques peu historique puisque peu d’images ont été produites avec des Leica sous l’eau, mise à part quelques rares exemplaires dans les années 60 pour l’armée qui était équipée.

Carte et situation de la réserve naturelle de Cerbère-Banyuls.

Plonger ici c’est s’immerger dans les eaux des premières heures de l’histoire de la photographie sous-marine. En 1899, Louis Boutan alors chercheur au laboratoire Arago devint premier photographe sous-marin au monde.

Émile Racovitza photographié par Louis Marie-Auguste Boutan, Banyuls-sur-Mer, 1899

Quelques essais avaient été faits avec des appareils photos accrochés en bout de perche mais c’est bien Louis Boutan qui le premier s’immergea et produisit des images sous marine en plongée. Confronté aux problèmes de manque de lumière sous l’eau, Louis Boutan s’arma d’ingéniosité et inventa dans la foulée les premiers éclairages sous-marin. Son apport est énorme car bien plus qu’un essai, il posa les bases de ses réflexions et de ses recherches dans ce qui allait devenir le premier manuel de plongée sous marine : « La photographie sous-marine et les progrès de la photographie », Louis Boutan, éditions Schleicher frères (Paris).

On largue les amarres, direction la réserve naturelle de Banyuls-sur-Mer / Cerbère

Julien a pris soin de me mettre dans une palanquée de plongeurs expérimentés. En plus de ses activités de club de plongée en période estivale, il fait des travaux techniques sous marin. Il voit du coup exactement les petits détails qui vont me faciliter la vie. Je vais pouvoir ainsi me concentrer sur la technique, étant avec deux binômes très à l’aise. Mes deux compagnons de palanquée sont ok pour jouer le jeu de l’essai en allant chercher la zone des 20m même si il n’y a rien à voir.

Descente dans les eaux de la réserve sous marine de Banyuls-sur-Mer. Au dessus, la coque du CIP Collioure. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Les mérous sont plutôt autour des 10m / 15m de fond dans cette partie là de la réserve sous-marine. On profite de la navigation le long du Cap Béar et du calme de la baie de Paulille pour discuter et préparer notre matériel. Marc et Alexandre me racontent leurs expériences. En plongée comme en aviation la culture du partage des anecdotes de chacun peu éviter pas mal de pièges et tout est toujours bon à prendre.

Marc et Alexandre dans les failles de la réserve naturelle de Banyuls-sur-Mer. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

La plongée

Après avoir laissé les élèves partir nous nous immergeons dans une eau poissonneuse. Dès les premiers mètres le long du mouillage de la bouée, nous sommes entourés de sars tambours qui viennent voir ce qu’il se passe.

Descente le long du mouillage dans les eaux de la réserve naturelle de Banyuls. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Le fond est assez découpé. Nous laissons partir les autres palanquées sur la gauche et partons tout droit dans la pente, en suivant une faille. Je modifie mes pré-réglages de sensibilité. L’eau à l’approche du fond sableux est un peu moins claire et au moment de la mise à l’eau un voile laiteux de nuages nous coupent une partie du soleil. Bref je manque de lumière et je vais devoir me balader entre 400 et 800 iso pour garder une vitesse convenable. Tout fonctionne bien. Par contre c’est la première fois que j’utilise la bague de mise au point sur cet objectif et elle masque la gravure des repères de distances sur l’optique. J’avais pris l’habitude de jeter régulièrement un oeil sur ces inscriptions pour rester dans la plage des tests préalables que j’avais fait mais là il faut que je fasse sans.

Arrivée sur les 20m les rouges ont disparu depuis un moment et je ne vois plus mes repères sur l’objectif. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Lors de la préparation du matériel, j’avais mis un repère au scotch rouge sur mon réglage médian … et à par un maigre reflet de ce bout de scotch je ne le vois plus ! Quel idiot … le rouge est la première couleur qui disparait sous l’eau ! À 20m de fond ça fait un moment que les rouges vifs ne sont plus là et la pénombre du caisson n’ajoute rien pour le voir. Je continue à tâtons pour les mises au point. De toute façon j’ai fait sans pendant les 6 derniers mois en Polynésie ( cette bague n’existait pas encore quand j’ai eu ce boitier ) , on va se débrouiller à l’ancienne et dans la zone des 10 mètres ce sera plus simple.

Mes deux compères de binomes prennent la pose : les essais sont concluant, en avant pour une plongée pépère. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Les essais au niveau des joints et des boutons étant parfaitement concluant, je fais poser mes deux collègues et nous remontons vers une zone où il y a un peu plus de choses à voir. Notre chef de palanquée tire en travers de la pente. L’eau se ré-éclaircie et nous distinguons la surface à 15 mètres au dessus de nous.
Alexandre me fait signe : un gros mérou nage tranquillement devant nous.

Un mérou brun ( epinephelus marginatus ) caché au centre de l’image se noie dans le paysage avec sa robe marron. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Il a l’oeil car sa belle robe rouge marron fait que ce poisson se confond facilement avec les rochers de la côte Vermeille. Et moi je ne suis plus habitué, en eau tropicale le défilé de nos amis à branchies ressemblent plus à une gay pryde ou au carnaval de Rio avec toutes leurs couleurs !

Un banc de sars à tête noire ( diplodus vulgaris ) devant un piton rocheux, deux mérous se cachent dans la meute. Réserve naturelle de Banyuls-sur-Mer. Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Un beau piton jaillit devant nous. Mes collègues sont sympas, ils m’invitent à passer devant pour rentrer dans le banc de poissons afin que je puisse faire quelques clichés. Pour ne rien gâcher un très gros mérou part sur la gauche pendant que deux autres arrivent par la droite ! Comme quoi, quand on arrête la pêche dans une zone les poissons reviennent. Il aura fallu quinze à vingt ans avant de revoir des mérous dans une réserve.

Alexandre en train d’explorer les failles de la réserve sous-marine de Banyuls-sur-Mer prit en photo avec le Leica M et le caisson étanche Subal.

Nous remontons encore en suivant les failles qui deviennent de plus en plus découpée. Des blocs de pierre qui se sont détachés de la falaise sont posés sur le fond, imposant comme des menhirs. Des bancs de poissons vont de paquets d’algues en paquets d’algues, fouillant tout cela avec énergie pour trouver de la nourriture. Ils se laissent dans l’ensemble bien approcher.
La côte forme des petites piscines peu troublées par les particules. C’est très agréable de finir tranquillement la plongée en explorant ces formes découpées en guise de palier de sécu. Déjà 45 minutes sous l’eau, c’est le moment de refaire surface.

Julien Girodeau à la manoeuvre du téléphérique à blocs de plongée ! La plongée confort avec le CIP Collioure ! Photo sous-marine Leica M240 / Subal.

Nous sommes tombés pas très loin du bateau et en arrivant à l’arrière Julien propose au plongeur d’utiliser sont « téléphérique » à bouteilles de plongée : décapalage dans l’eau et remonté sur le bateau sans le fardeau du poids. Outre le confort c’est bien pratique quand on a un caisson de plongée en main et qu’il ne reste plus que l’autre pour se tenir. En terme de sécurité également, si il y a de la houle ça minimise les risques de chute emporté par le poids de son équipement.

Retour à Collioure

Retour à la maison, encore une plongée de réussie ! La cabine du CIP Collioure avec Julien aux commandes et Hervé qui l’accompagne hors saison pour les travaux sous-marins.

Voilà une belle plongée de plus à marquer sur le carnet. Les nuages laiteux ont fait place le temps de l’immersion à un beau ciel bleu et nous rentrons tranquillement jusqu’à Collioure avec le cérémonial du bord : le petit thé, les fruits et le quatre-quart en se faisant réchauffer la coigne sous le soleil méditerranéen !

Où trouver le CIP Collioure ?

Plan de situation du CIP Collioure.

CIP-Collioure 
24, rue ravin du Coma Xeric
66190 Collioure
France 
Tél : 04 48 89 19 99
 Tags : Subal, essais matériel photo sous marin, Leica M, plongée sous marine Collioure, club de plongée Pyrénées-Orientales, CIP Collioure, réserve naturelle Banyuls-sur Mer / Cerbère.

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